Le particularisme de l’Église catholique de France

INTRODUCTION – APPROCHE LEXICALE DU GALLICANISME

Le Gallicanisme peut s’énoncer comme une sensibilité du catholicisme français et une doctrine religieuse et politique qui promeut l’idée d’un particularisme français au sein de l’universalité chrétienne.

Ce courant de pensée religieux et institutionnel postule donc l’existence d’une Eglise de France autonome dans son fonctionnement vis à vis du Saint Siège sans jamais rompre les liens qui l’unissent au Pape et à l’Eglise universelle.
Pour d’aucuns, le gallicanisme a été considéré uniquement comme l’expression d’une tendance à limiter l’ingérence du Saint Siège dans les affaires ecclésiastiques soit du pouvoir monarchique soit du pouvoir républicain français.
Envisagé sous cet angle, il est certain que le gallicanisme serait dépourvu de toute originalité et ne se différencierait en rien des mouvements d’opposition à l’autorité pontificale qui se sont produits dans nombres de pays chrétiens.
En réalité, si on analyse d’un peu plus prés ses manifestations, on y découvre certains caractères spécifiques très accusés qui lui confèrent sa valeur propre.

Ainsi, le gallicanisme affirme :

une légitime prétention à se rattacher à une tradition nationale ancrée depuis des siècles

  • une union et une collaboration du clergé et du pouvoir exécutif pour porter au plus des pavois le particularisme religieux français
  • un soutien du chef de l’exécutif, protecteur des libertés gallicanes, au principe d’autonomie de l’Eglise catholique gallicane
  • une limitation de ses préoccupations à la France, sans viser à protéger ou à réformer l’Eglise universelle
  • une gouvernance selon des lois qui lui sont propres et un droit français dont les règles sont rassemblées dans les Libertés de l’Eglise Gallicane
  • une théorie de l’indépendance du pouvoir exécutif français en matière temporelle, fondée sur la conception antique de la souveraineté du prince telle qu’elle apparaissait dans le droit romain
  • une non immixtion du Souverain Pontife dans le gouvernement des affaires temporelles de la France, au visa que ce domaine relève de la seule compétence du Chef de l’Etat lequel n’est, par voie de conséquence, sujet à aucune autre puissance extérieure, fût elle papale : « Li rois est souverains es choses temporeix »
  • une volonté délibérée de ne pas rompre avec l’Eglise romaine car, en aucuns et à aucun moment, si vif qu’ait été le mécontentement ou le courroux à l’égard de Rome, la France n’a jamais versé dans le schisme. Les gallicans sont catholiques et entendent, consciemment, le rester.

Le Gallicanisme est donc non seulement un discours sur les rapports entre l’Etat et la puissance ecclésiastique mais encore une doctrine portant sur l’organisation des pouvoirs dans l’Eglise.

Le gallicanisme s’oppose donc à l’ultramontisme qui est, quant à lui, l’ensemble des doctrines théocratiques favorables au pouvoir absolu du Saint Siège et qui se ramène à deux principes fondamentaux :

  • la domination de l’Eglise sur l’Etat : cette première maxime de l’ultramontanisme détruit jusqu’à la possibilité de la liberté de conscience, met le prêtre au-dessus des lois, livre le mariage et toute la vie civile au sacerdoce
  • la domination du Pape sur l’Eglise : cette seconde maxime de l’ultramontanisme impose à l’Eglise le régime de l’arbitraire, éternise les dissensions religieuses, enlève tout espoir de réforme.

Par l’un et par l’autre de ces principes, l’ultramontanisme est radicalement incompatible avec la nouvelle civilisation et avec l’évolution sociétale.

Vous pouvez télécharger l’intégralité de ce cours du Père Gabriel, qui évoque :

  1. APPROCHE HISTORIQUE DU GALLICANISME
  2. APPROCHE DOCTRINALE DU GALLICANISME
  3. CONCLUSION – LE GALLICANISME : UN PASSE D’AVENIR

>> J’ouvre le cours dans son intégralité.